La culture du riz et les éléphants

Emblèmes du paysage Sri Lankais, les rizières façonnent l’île depuis des millénaires. Nourriture de base de la population, il est cultivé principalement à la main au milieu d'un territoire resté sauvage.

Le riz est bien plus qu’un aliment au Sri Lanka : Il est au cœur de la vie quotidienne, de l’agriculture et des paysages

Impossible d’imaginer un repas Sri Lankais sans riz. Cette céréale représente jusqu’à 50 % de l’apport calorique et est au centre des 3 repas quotidiens.

Au fil des saisons, les rizières offrent des panoramas spectaculaires, passant d’un vert éclatant à des teintes dorées lors des récoltes.

Mais derrière cette beauté se cachent de nombreux défis : changement climatique, précarité des agriculteurs et conflits avec les éléphants.

Un voyage au Sri Lanka, c’est aussi la découverte de cette agriculture fragile et essentielle, pilier de la culture et de la sécurité alimentaire du pays.

Une agriculture largement manuelle

Avant même la plantation, le travail commence avec les buffles d’eau, conduits dans les rizières pour préparer la terre.

Malgré la modernisation, l’agriculture reste ici largement manuelle.

Les machines agricoles sont rares, et la traction animale demeure courante, surtout chez les petits paysans.

Une agriculture collective

La culture du riz demande une main-d’œuvre abondante, en particulier lors de la récolte.
Beaucoup de Sri Lankais cumulent le travail de la rizière avec leur profession.

Hommes et femmes travaillent ensemble, pieds nus dans la boue, exposés aux sangsues, aux serpents et au soleil.

Deux grandes saisons de récolte

La récolte du riz se déroule principalement durant deux périodes :

Maha : de septembre à mars (la plus importante)

Yala : de mai à août

Malgré son importance vitale, la culture du riz est aujourd’hui fragilisée

Le changement climatique provoque des pluies excessives et des inondations, puis des sécheresses prolongées, entraînant parfois des pertes totales de récolte et obligeant le pays à importer du riz.

Le projet BATUYAYA

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Réconcilier développement humain et la biodiversité n’est plus une option, mais une nécessité.

Notre projet s’inscrit dans cette vision.

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En nous soutenant, vous devenez acteur d’un changement concret et porteur d’espoir.

Près de 38 % des terres cultivées sont consacrées au riz.

Le riz est généralement semé à partir d’octobre pour une récolte en janvier–février.

Si l’eau présente dans les réservoirs le permet, une seconde culture est semée en avril et récoltée en août.

Dans certaines régions, jusqu’à trois récoltes par an sont possibles.

Une culture millénaire

La culture du riz au Sri Lanka remonte à plus de 6 500 ans. Les rizières actuelles occupent souvent les mêmes emplacements qu’il y a près de dix siècles, grâce à un système d’irrigation exceptionnel composé de réservoirs, de canaux et de barrages anciens.

L’élévation du niveau de la mer affectent gravement les terres agricoles.

Au Sri Lanka, 223 000 hectares, dont une grande part de rizières, sont déjà touchés.

Dans certaines zones côtières, le riz a été abandonné au profit de cultures plus résistantes comme la cannelle, le cocotier ou l’hévéa (arbre à caoutchouc).

Les autorités tentent de réhabiliter ces terres en construisant des barrages et en testant des variétés de riz résistantes à la salinité et aux inondations.

Sa production conditionne directement la sécurité alimentaire des 22 millions d’habitants.

Maintenant que l’on comprend les immenses difficultés auxquelles sont confrontés les paysans pour cultiver le riz, il devient impossible d’ignorer un autre drame qui se joue dans les campagnes du Sri Lanka :

Pour tenter de protéger leurs récoltes, les agriculteurs n’ont souvent qu’une seule solution : passer la nuit dans de simples cabanes de fortune faites de bois et de bâches. Ils allument des feux, crient, frappent des casseroles, agitent des lampes pour effrayer les éléphants...

...nuit après nuit...sans sommeil...dans la peur permanente....

C’est dans ce contexte de misère et de fatigue extrême que certains en viennent à des actes tragiques : des éléphants sont blessés, empoisonnés ou tués.

Le conflit entre l’homme et l’éléphant

Lorsque les rizières arrivent à maturité, elles deviennent irrésistibles pour les Éléphants sauvages.
En quelques heures, un éléphant peut détruire des mois de travail, piétiner les champs, arracher les plants, briser le système d’irrigation.

Des solutions existent, telles que la mise en place de clôtures électriques et de systèmes d’alerte, la protection des corridors de migration des éléphants, ainsi que la sensibilisation et l’implication active des communautés locales, afin de réduire durablement les conflits entre l’homme et la faune sauvage.

FRANCE TO SRI LANKA recherche des financements pour installer une barrière de détournement électrique.

Elle sera non fermée, légère et adaptée, et empêchera les éléphants :

  • de circuler dans le village de BATUYAYA,

  • de pénétrer dans une école maternelle, et

  • de détruire les cultures ou les maisons.

Les objectifs sont de réduire la fatigue et l’exaspération des villageois, tout en protégeant les cultures.

Dans le cadre de son volet NATURE & Programme BIODIVERSITE

La récolte se fait encore majoritairement à la faucille, suivie du battage manuel pour séparer les grains.

Les exploitations sont en grande majorité réalisées pour la consommation domestique. La vente des surplus n'assure qu'un revenu modeste.

Un paysage unique vert et doré

Tout au long du voyage, on est frappé par la nuance des couleurs au Sri Lanka :

Pendant les différentes saisons, les rizières passent du vert éclatant à un or lumineux, offrant certains des paysages les plus saisissants de l’île.

Dans certaines régions, les rizières en terrasses ont littéralement sculpté le relief, mêlant champs, habitations paysannes et fleurs de lotus.

En 2021, l’interdiction brutale des engrais chimiques a provoqué une chute des rendements, l’endettement massif des agriculteurs et une flambée des prix alimentaires.

Même après l’abandon de la mesure, les engrais restent beaucoup plus chers, rendant la culture du riz peu rentable pour de nombreux paysans, souvent devenus agriculteurs à temps partiel en cumulant les emplois.

Ces gestes ne naissent pas de la haine, mais d’un sentiment de désespoir. Les Sri Lankais aiment infiniment leur pays, leur faune et leurs éléphants.